Entre punk, hip-hop et chants traditionnels, le quintet fait exploser les frontières musicales
Impossible de ranger Mycose of You dans une seule case. Depuis sa création en 2023, ce groupe bouscule les codes. Une fusion qui n’a rien d’un exercice de style : elle raconte une histoire commune, celle de cinq musiciens réunis par une même envie de partager, de faire vibrer les publics et de défendre une musique libre. Après une série de concerts remarqués dans les festivals de la région, notamment au Festival du Travailleur Catalan, le quintet poursuit sa route avec « Killing in the Bled », un premier album aussi festif que revendicatif. Entre l’Occitanie et Casablanca, le groupe transforme chaque concert en une célébration où l’énergie du punk et rap dialogue naturellement avec les rythmes berbère.
Comment est née cette aventure musicale ?
Le groupe ensemble : À l’origine, Mycose of You est un projet punk. Le groupe réunit Théo à la guitare et au chant, Samados au chant et au rap, Curbis le cofondateur, RSK qui est DJ et au scratch et Houss, récemment arrivé à la batterie. Théo et Rudy jouent déjà ensemble au sein des Désallumés lorsqu’ils décident de créer un nouveau groupe. La rencontre avec Samadoss puis DJ RSK change rapidement la direction artistique. Chacun arrive avec ses influences, ses compositions ou ses textes, mais les morceaux prennent véritablement vie en répétition. Une idée de riff, quelques paroles, une ligne rythmique… puis chacun apporte sa sensibilité jusqu’à construire une chanson collectivement. On finit par arrêter de parler pour laisser la musique faire le reste.

Comment cette rencontre entre le Maroc et l’Occitanie a-t-elle façonné votre musique ?
Samadoss : J’ai grandi avec la musique marocaine. Le punk, je l’ai découvert en arrivant en France. L’idée de mélanger ces chants traditionnels avec l’énergie du punk est venue naturellement.
Théo : Pour nous, c’était aussi une découverte. On a appris à jouer avec d’autres rythmes, d’autres mélodies. Au début, il fallait presque apprendre une nouvelle langue musicale.
Curbis : On ne comptait même pas les morceaux de la même façon ! Mais c’est justement ce mélange qui a construit notre son.
Quels thèmes abordez-vous dans votre dernier album ?
Le groupe ensemble : Les textes puisent dans le quotidien marocain et évoquent des sujets de société tels que les droits des femmes, la condition des enfants ou encore les réalités sociales du pays. D’autres morceaux abordent des thèmes plus personnels, notamment l’amour. L’ensemble reflète une volonté de raconter des histoires sincères, entre engagement et émotions.
Le Festival du Travailleur Catalan semblait avoir une saveur particulière…
Le groupe ensemble : On a vécu un moment fort. Jouer sur cette scène représentait un objectif depuis longtemps. Au-delà du concert, ce festival laisse une vraie place aux artistes et à la liberté d’expression. Sans se revendiquer d’un courant politique précis mais on assumé assume une musique profondément engagée, tournée vers l’humain, l’antiracisme et le vivre-ensemble.

Vous vous produisez également au Maroc. Qu’y trouvez-vous de différent ?
Le groupe ensemble : L’accueil y est particulièrement chaleureux et la culture musicale est omniprésente. Là-bas, la musique se vit au quotidien, sans barrières ni codes. Cette ouverture nourrit les échanges artistiques et renforce les liens entre nous et notre public. Jouer au Maroc représente aussi une émotion particulière. Une expérience qui illustre parfaitement l’esprit de Mycose : faire dialoguer les cultures à travers la musique.
Interview réalisée par Liza Brume
